Le cinéma français réserve parfois de très belles surprises, "Par amour" le dernier film de Laurent Firode en est une.
En suivant les amours d’une troupe de comédiens amateurs, Laurent Firode dépeint un tableau plein de chaleur de "gens". Vous savez les "gens", les vrais, ceux qu’on ne voit presque jamais au cinéma ou à la télévision et pourtant qu’on croise tous les jours dans la rue.
Ne serais-ce que pour cette raison ce film est indispensable.
Par sa vérité de ton, par son humanité, par son optimisme il nous démontre à quel point nos contemporains sont des gens bien, si éloignés des clichés que l’on nous sert à longueur de médias.
Le film montre à quel point la gentillesse (dans le sens le plus noble du terme, Orwell parlerai de common decency) est une liberté, une ouverture indispensable. Les rares personnages qui en sont dénués nous font peine, enfermés dans leur étroitesse d’esprit et leur aigreur, la Vie et l’Amour se refusent forcément à eux.
Le film est servi par des acteurs de grand talent, tous impeccables. Sans qu’aucun ne cherche à tirer la couverture, tous donnent leur meilleur pour se mettre au service de l’histoire, ou plutôt des histoires.
Laurent Firode nous entraine avec bonheur dans ce conte d’aujourd’hui, évitant avec soin tous les clichés, il nous parle de la mixité, de l’islam, de l’homosexualité, du déclassement social avec simplicité et vérité. D’ailleurs, il ne parle pas de ces sujets là, il parle juste d’amour, et ça fait sacrément du bien !
Un élément important du film, la musique: Les oeuvres de Mendelssohn, compositeur que je connais fort peu, rythme magnifiquement le film et comme un point d’orgue arrive un bijou de chanson de Léo Ferré, Parfait !
Vous l’avez compris, ce film m’a totalement enthousiasmé et c’est d’un pas léger que j’ai quitté la salle, un sourire ravi aux lèvres.
Un seul conseil, précipitez-vous sans tarder, ce film à la diffusion modeste risque de ne pas rester très longtemps à l’affiche. Et puis allez-y parce que ce film parle de nous, parle à nous et croyez-moi, c’est plutôt rare.
Il y a place du Trocadéro et du 11 novembre une statue équestre du Maréchal Foch sculptée par Paul Landowski que personne ne regarde. La rude concurrence de la tour Eiffel qui lui fait face et la disposition peu engageante de la place y sont pour beaucoup. Pourtant, n’a t’il pas fière allure le fidèle destrier du héros de la bataille de la Marne, chevauchant les toits parisiens avec tant de noblesse martiale qu’on pourrait presque entendre le bruit de ses sabots, pour peu qu’on ai le coeur aventureux et l’âme chevaleresque.
Le paysage défilait…
Cette phrase passe partout de la littérature, lue et relue, écrite jusqu’à l’usure, jusque’à la vider de sa substance cache un vrai trésor.
Guetter les subtils changements de la route annonçant un ailleurs, jouir du plaisir enfantin d’être le premier à "voir la mer", ressentir la géographie de l’entre deux entre plaine et montagne…
Sur la route du retour, la tête renversée ou collée à la fenêtre, laisser grandir en soi ce doux sentiment de nostalgie quand quand filent les nuages…
C’est ça le paysage qui défile, c’est ce mouvement qui nous porte vers ailleurs, qui nous ramène à la maison. C’est de ces lignes de fuite que naissent de belles méditations, de ces moments intenses qui parfois nous resteront plus durablement que ce que nous sommes partis chercher…
Comme je me plais souvent à le rappeler, ce qui compte dans le chemin, c’est le chemin ! Alors vivons l’instant présent d’accord, mais sachons que ce qui lui donne sa saveur c’est l’avant et l’aprés, l’au delà et l’en deçà, le départ, l’arrivée et le retour… en un mot le mouvement.
Les psychanalystes jungiens et les physiciens quantique vous le diront, il n’y a pas de hasard…
J’aime attraper des paysages avec un appareil photo quand je roule en voiture (et que je ne conduis pas)… c’est ce que je faisais, l’autre jour, sur la route qui nous ramenait à Troyes. De l’écriture photographique automatique, sans réfléchir… cadrer, déclencher, point.
De retour à Paris je charge les photos dans l’ordinateur et je découvre cette photo et surtout le panneau que je n’avais même pas aperçu à la prise de vue, incroyable d’évidence et d’incongruité : l’Espérance.
Hasard, bol, pot, veine, coïncidence ? Que nenni ! Jung appelait ça une synchronicité, un "hasard signifiant" et j’aime cette idée.
Synchronicité d’autant plus parlante qu’il y a peu de temps j’ai découvert avec plaisir Olivier Lemire qui parcourt la France de lieu-dit en lieu-dit, choisis pour leurs noms. Il a ainsi voyagé aux sources du "Bonheur" , traversé "La Vie", "La Foi", "Le Rêve", "La Sagesse", "La Beauté". Tout un programme qui m’a immédiatement enchanté, au sens propre du terme, vieux païen que je suis, croyant fermement en l’esprit des lieux et en la force des noms.
Alors voilà, je suis entré en Espérance sans m’en rendre compte, m’en remettant au destin et en ayant débranché le mental… Quelle leçon !
Je ne peux que vous inviter à découvrir le récit d’Olivier Lemire, ça s’appelle L’esprit du chemin, édité chez Transboréal.
La cathédrale de Reims fut grandement endommagée par les bombardements allemands de la première guerre mondiale, incendiant la charpente et détruisant quantité de statues dont le fameux Ange au sourire qui s’éclata au sol en 22 morceaux.
Puis la cathédrale fut reconstruite… Et certaines voix, non des moindres, s’élevèrent contre cette reconstruction, dont celle du fort talentueux Gabriele D’Annunzio :
"La cathédrale n’a jamais été aussi belle. La cathédrale s’achève. La cathédrale s’achève dans les flammes. On a envie de tomber à genoux devant ce miracle. Qu’on ne touche pas aux statues, qu’on ne fasse pas de réparations…"
Au milieu de la cathédrale de Reims il y a une dalle, une simple dalle sur laquelle est inscrit :
ICI
SAINT REMI
BAPTISA CLOVIS
ROI DES FRANCS
Ce que ces lignes ne disent pas c’est que par ce sacrement un pays naissait et ce pays c’est la France.
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