Les Lumières du ciel d’Olivier Maulin

Décidément, Olivier Maulin est un sacré auteur !
J’ai dévoré les « Lumières du ciel », dévoré avec un plaisir rabelaisien, avec le bonheur de la truculence.
Ce que j’ai aimé dans ce livre ?
Tout ! comme toujours chez Maulin ! La vivifiante et hilarante critique du monde moderne, les anti-héros parfaits et ratés car dans ce monde, le moindre signe de réussite serait indéniablement un signe de médiocrité !
En voilà une des clés du talent de Maulin, ses personnages sont grandioses et magnifiques, merveilleusement bancals et décalés donc radicalement sympathiques.
Une autre clé est sans doute cette peinture à l’acide de la « modernité » horreur absolue dans sa laideur quotidienne. L’auteur nous douche salutairement à l’eau froide pour nous redonner une juste vision de ce monde dans lequel nous sommes, comme ses personnages, immergés et ballottés.
Maulin est un moyenâgeux, un vrai, un chantre de la langue française, de la farce (dans le sens le plus noble du terme),de la fable, de la truculence, un amoureux des fous, héros indispensables à la survie de ce monde.

L’histoire, pour ne pas faire court, est celle d’un improbable (donc rigoureusement crédible) voyage en fiat panda qui nous promène avec bonheur sur le parking du carrefour de Saint Denis ou notre héros achève la vente de sapins de Noël halal, dans la bourgeoise demeure d’un chirurgien plasticien abruti sur de lui et cocu, dans une villa cossue de la côte ou des mamies botoxées violeuses d’hommes tenteront d’éliminer nos héros telle des sirènes-gorgones sorties d’un remake de l’Odyssée… et nous découvriront Jérusalem, petit hameau du terroir, épargné par la société marchande dont la tranquillité n’est troublée que par quelques sporadiques attaques de zombies repoussées héroïquement par Anakin Lefebvre.

Emboitez sans hésiter une seconde le pas de Paul-Emile Bramont qui, comme il est écrit sur la quatrième de couverture « n’est pas un foudre de guerre. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne voue pas au travail la vénération exigée par l’époque », de Momo le DJ de patinoire et de Bérangère l’épouse esseulée.

En guise d’apéritif, permettez-moi de vous offrir quelques citations de cet indispensable ouvrage :

« Les emmerdes ça arrive généralement par nuées, comme les sauterelles dans la bible »

« Le paysage ressemblait à une immense bouse de vache en béton de laquelle émergeait le tombeau des rois de France »

« C’était quand même une drôle de corporation les médecins. La lie de l’humanité, certes, mais aussi Céline et Rabelais ! Ca donne à réfléchir ! un génie tous les quatre siècles, des millions de mongoliens en blouse blanche entre les deux ! Ca fait cher le génie.

« Entre la vulgarité des riches et celle des pauvres, la société ne laisse décidément que peu de place à la beauté ! »

« L’autoroute ? T’es ravagée ou quoi ? Est-ce qu’on a une gueule à prendre l’autoroute ? A foncer comme des cadres ? Si t’es pressée t’as qu’à prendre le TGV. On voyage à l’ancienne, nous… »

« La voilà l’abondance contemporaine. Du bluff. De la merde. Et encore je reste polie. »

« L’école ? Il a gueulé en tapant sur la table. Ah ! Saloperie ! Je préférerais mourir écartelé plutôt que de voir mes enfants à l’école ! Méthodiquement décérébrés ! […] La seule fonction de l’école c’est de transformer les valeurs humaines en demandes de biens de consommation ! Voilà ce que j’en pense ! L’école ? Ah ! Saloperie ! Non, vraiment ! Saloperie ! »

« Les bouffeurs de pizzas surgelées auront l’air malin au lendemain de l’apocalypse. »

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