Les cerisiers de Camille Claudel

Là ou se rejoignent les rues du Cherche Midi et de Vaugirard il y a une petite place; deux arbres, deux bancs, une bouche du métro. Cette petite place, c’est la place Camille Claudel et je passe devant deux fois par jour, pour me rendre et pour quitter l’hôpital ou je travaille.

Sur cette place deux arbres, deux cerisiers du Japon, deux merveilles de cerisiers du japon devrais-je dire. Aux premiers éclats du printemps ils ont explosé de fleurs, presque jusqu’à l’indécence; ils ont explosé de fleurs charnues et délicates d’un rose intemporel et ils sont là, magnifiques sur cette place sans charme. Dans ce médiocre espace urbain ils clament haut et fort la magie, l’enchantement, la beauté de la nature.

Chaque matin, je m’arrête à leur côté et je les admire quelques minutes; Leur beauté m’est une aide précieuse avant d’attaquer une journée de travail ! Lorsque je les regarde, la ville se tait, par magie,  leur présence magnifique m’offre quelques instants de silence dans le brouhaha de la Capitale. La pureté du rose de leurs fleurs m’efface la grisaille des murs alentours.

Mais le sentiment le plus fort qui me traverse quand j’entame mon face à face avec mes deux arbres est un délicat mélange de tristesse et de jubilation. Tristesse de voir ces gens sortir du métro, plonger dans la station, marcher trop vite, conduire nerveusement courir  presque, courir carrément… aucun jamais ne s’arrête pour regarder tant de beauté offerte à leurs yeux. Jubilation de ne pas être de ceux là ! Jubilation intense de se sentir le seul, de se dire que, finalement, ils n’ont fleuri que pour moi et pour quelques privilégiés que je n’ai pas la chance de croiser.

C’est un plaisir rare, un vrai plaisir de privilégié, de ces plaisirs que l’argent n’offre pas, et je le goute avec d’autant plus de ferveur que je sais le printemps bien court.

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2 réflexions au sujet de « Les cerisiers de Camille Claudel »

  1. Cécile Barthe

    Mes pensées de la journée seront envahies du rose éclatant de ces cerisuers japonais. Ici à Montréal les bourgeons commencent à peine à se montrer…

    Répondre

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