Archives du mot-clé Grèce

Notes égéennes (3)

Il est presque minuit et un vent de terre souffle à faire ployer pins et tamaris. Une mer de plomb reflète une lune presque pleine. Luminosité terne de la mer, halo laiteux de la lune et le bruit du vent.
Ce vent qui porte les histoires et les légendes. Ce soir, regardant l’Egée fantomatique et écoutant le bruit torturé du meltémi, je pense à Ulysse qui sur ces flots connu mille périls pour retrouver Ithaque. La légende est née il y a des milliers d’années et le vent raconte toujours son histoire.

Mer couleur de plomb
La sombre plainte du vent
me parle d’Ulysse

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Notes égéennes (2)

Les Cyclades, Paros et Antiparos tout au moins, sont des iles montagneuses et arides que l’homme a conquis. Maisons, olivier, arbres en fleurs… la main de l’homme. Mais le sentiment qui domine ici, c’est cette sentence de la sagesse delphique :

Μηδὲν ἄγαν, Medèn ágan, rien de trop.

Ici l’homme a conquis avec modestie, justesse et humilité. Aucune ostentation dans les constructions, toutes recouvertes de blanc, aucune ne possède plus d’un étage, les routes étroites épousent le relief, les jardins et les oliveraies sont modestes, les arbustes et les fleurs apportent avec bonheur quelques touches de couleur, dans les ports les bateaux de pêche sont artisanaux, pas de monumentales cathédrales mais de petites églises et de discrets monastères cachés dans la montagne.

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Tout ici est resté à l’échelle humaine, tout ici respecte la nature. Antique sagesse.

Je ne sais pas à qui il faut rendre hommage de ne pas avoir permis que des immondes barres d’hôtels viennent dénaturer le paysage, mais qu’il soit ici remercié. Même les limitations de vitesse (50kmh maximum) invitent à la lenteur, au temps juste.

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Quand vous vous installez dans une taverne (terme bien plus heureux que restaurant), vous passez commande, on ne vous amène pas VOTRE assiette mais une assiette vide par convive et les plats sont placés au milieu de la table invitant chacun à se servir de tout. Idem pour l’ouzo, rarement servi au verre, mais dans une petite carafe, avec des glaçons et autant de verres que de buveurs.

Harmonie et partage. Décidément une bien belle culture.

Notes égéennes (1)

Paros, c’est la carte postale. Ciel bleu, mer bleu-vert, pins, oliviers, plages ombragées, eau transparente, maisons blanches, volets bleus, chiens et chats alanguis, azalées, hibiscus, jasmin, blanc, rose, violet, petits restaurants au bord de l’eau, bateaux de pêche, salades grecques, poulpe, ouzo et vin de Paros, les grecs affables, rieurs et bronzés, marbre blanc, ciel étoilé, grillons, églises aux dômes bleus, ruelles étroites, un coq chante. C’est bon parfois de plonger dans la carte postale.

Notes athéniennes

  • Arrivée sur Athènes, le reflet de la lune sur l’eau : Séléné ! Séléné ! Thalassa ! Thalassa !
  • Musculature massive, barbe brune bien taillée, profil hellénique; un ouvrier du bâtiment avec un physique de héros grec.
  • Marché du Pyrée, je discute avec des bouchers : Français ? Football ! Benzema !
  • L’Acropole : Choc. Equilibre et puissance divine dominant la cité. Le marbre vibre et irradie, les dieux sont vivants !
  • Un chat fauve aux yeux verts quitte son piédestal de marbre de Paros pour se lover contre mes jambes. Heureux présage.
  • Lever les yeux, regarder le soleil jouer avec la pierre et oublier les touristes.
  • Le musée de l’Acropole : Monumental sans ostentation. Tout est fait ici pour mettre les oeuvres en valeur. Et quelles oeuvres !
  • Une institutrice grecque et sa classe buvant ses paroles : Transmission de la longue mémoire européenne.
  • Parfait mélange d’érotisme et de divin. Nous sommes loin des mortiferes  monothéismes. Vitalisme et vitalité.
  • Messieurs les anglais, rendez ce qui ne vous appartient pas !
  • Après Rome, Broceliande, Bibracte une certaine idée de l’Europe se dessine pour nos enfants et pour nous : Vivante et millénaire, charnelle et païenne
  • Snobisme : Acheter l’édition bilingue de « Prière sur l’Acropole » d’Ernest Renan à la librairie du musée.
  • Seule entorse au calme du métro athénien, les grand-mères qui répondent à leur téléphone portable sous le regard amusé des autres passagers.

Très bientôt des photos, promis.