Archives du mot-clé méditation

La voie du cycliste

Monter sur son vélo. Dès les premiers coups de pédale, se fixer sur les mouvements de sa  respiration : inspir… expir… pédalage… adopter une vision globale, large… Plus d’abruti qui vous coupe la route, plus de débile qui vous grille la priorité, plus de salopard qui vous coince contre le trottoir mais des obstacles qui se présentent et que l’on évite avec une acuité nouvelle, sans jugement. Plus de rumination plus de petit vélo dans la tête, juste celui sur lequel on avance. Bien sur, on s’égare : un conducteur indélicat, une jolie fille sur le trottoir, un problème de boulot… Alors on recommence : inspir… expir… pédalage… Paris défile, le sifflement du vent, les muscles des mollets tirent un peu… on embrasse les sensations, on les laisse passer, comme les piétons sur les passages cloutés.

Publicités

Le paysage défilait…

Le paysage défilait…

Cette phrase passe partout de la littérature, lue et relue, écrite jusqu’à l’usure, jusque’à la vider de sa substance cache un vrai trésor.

Guetter les subtils changements de la route annonçant un ailleurs, jouir du plaisir enfantin d’être le premier à « voir la mer », ressentir la géographie de l’entre deux entre plaine et montagne…

Sur la route du retour, la tête renversée ou collée à la fenêtre, laisser grandir en soi ce doux sentiment de nostalgie quand quand filent les nuages…

C’est ça le paysage qui défile, c’est ce mouvement qui nous porte vers ailleurs, qui nous ramène à la maison. C’est de ces lignes de fuite que naissent de belles méditations, de ces moments intenses qui parfois nous resteront plus durablement que ce que nous sommes partis chercher…

Comme je me plais souvent à le rappeler, ce qui compte dans le chemin, c’est le chemin ! Alors vivons l’instant présent d’accord, mais sachons que ce qui lui donne sa saveur c’est l’avant et l’aprés, l’au delà et l’en deçà, le départ, l’arrivée et le retour… en un mot le mouvement.

Il y'a toujours ce qu'on laisse derrière soi...