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Vers le Sud-Ouest et au delà (5)

Anglet – Bayonne, le 21 juin 2018

Où l’auteur fait des rencontres  :

Elisabeth est une des participantes au stage auquel je vais participer (je vous en parlerais plus tard…). J’avais envoyé un mail à tous les participants espérant faire quelques rencontres avant le stage, Elisabeth fut la seule à répondre. Nous nous somme donné rendez-vous sur la plage. Nous avons parlé HPI, chamanisme, enfance, sexualité, éducation… on a parlé des vraies choses, quoi ! Une conversation de 3 heures ou Elisabeth a beaucoup parlé, ou j’ai beaucoup écouté, une conversation très enrichissante où nous nous sommes découverts de nombreux points communs puis elle m’a accompagné d’Anglet à Bayonne dans son mini-van et nous nous retrouvons demain pour faire le chemin jusqu’au stage (dont je vous parlerais plus tard…)

Arnaud, serveur de café au Ramuntcho. Me voyant fumer ma pipe, il me demande des renseignements et m’explique que son grand-père qui n’est plus de ce monde, lui a légué deux pipes qu’il a envie de tester. Je lui ai fait mon cours magistral sur le pétunage (art de fumer la pipe) mais j’ai surtout été touché par cet hommage tout en volutes que ce jeune homme veux rendre à son aïeul.

Franck, patron de « Destination Malt », une cave à bière qui vient tout juste d’ouvrir. Une fort jolie boutique dans une cave voutée où des bières du monde entier sont alignées comme à la parade. Une très large place est faite aux petites brasseries artisanales et c’est très chouette. On a causé bière, bien sûr, commerce un peu et beaucoup de la Belgique – Nous avons de concert vanté la gentillesse et l’affabilité des wallons.

Julien était attablé au café, un carnet de croquis sur les genoux et dessinait d’un trait sûr la ruelle typique dans laquelle nous étions. Je lui ai dit mon amour des carnettistes, qu’ils écrivent ou qu’ils dessinent, il m’a montré ces oeuvres dont certaines étaient coloriées de quelques subtiles touches d’aquarelle… tout ce que j’aime.

Au dîner, après m’être régalé d’un burger basque (lomo, oignons rouges, piquillos et pain maison) arrosé d’une bière basque et d’un patxaran, je vais au bar pour régler mon dû :
Un des piliers du comptoir m’adresse la parole en anglais… je lui répond en français.
« Tu es français toi ? mais, avec ta chemise à fleur…  Alors tu es tahitien ! »
(j’avoue sans honte une passion, que je partage avec le regretté Yvan-Chrysostome Dolto, plus connu sous le pseudonyme de Carlos, pour les chemises à fleur, qui m’aura permis en moins d’une semaine d’être pris pour un surfer puis pour un tahitien, peuple pour qui j’ai une admiration de longue date… l’habit fait presque le moine !) 
Mais revenons à la scène… Un des acolytes de mon interlocuteur, gabarit 3ème ligne de rugby, m’interpelle :
– Tu es d’ou ?
– Paris ! (je sais, ce n’est pas une réponse raisonnable…)
– Oh parisien ! Tu as intérêt à dire des bonnes choses ! Sinon nous, on te séquestre ! Ici tu es au Pays Basque !
Rassurez-vous je suis sorti sans rançon, entier et légèrement alcoolisé de cet échange finalement fort sympathique.

Il y a quelques temps mon modèle absolu d’écrivain voyageur était Sylvain Tesson, pour de nombreuses raisons mais principalement pour son côté ours (de Sibérie) et sa misanthropie qui lui faisait préférer le voisinage des plantigrades sus-nommés et des alcools forts à celui de ses contemporains.
Et bien, j’ai changé. Une maladive timidité et une méfiance outrancière (due, forcément, à une enfance difficile) que je masquait derrière une morgue dédaigneuse me quitte doucement. Je vois d’avantage « l’autre » comme une opportunité de rencontre que comme la rencontre d’un importun.
Et, si vous voulez savoir, je m’en porte bien mieux !

 

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Pour le dessin : ©Julien Ferran – instagram

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